L’épreuve orale d’explication de texte en langue étrangère à l’Agrégation externe

L’épreuve orale d’explication de texte en langue étrangère, à l’Agrégation externe de Philosophie, comporte des particularités qu’il faut bien connaître, afin d’optimiser au mieux sa préparation. Dans cet article, je vous indique en quoi consiste l’épreuve au concours. Puis, je vous donne un ensemble de conseils, pour préparer efficacement cette épreuve, au cours de l’année.

1. En quoi consiste l’épreuve au concours ?

1) Présentation générale

L’épreuve consiste à traduire, puis à expliquer un extrait (entre 20 et 30 lignes), tiré d’une oeuvre au programme, en langue étrangère. Vous pouvez choisir entre les langues suivantes :
– l’anglais
– l’allemand
– l’italien
– l’arabe
– le latin
– le grec.

La préparation de l’épreuve est de 1 h 30. Votre temps de passage est de 30 minutes. Vous disposez, pendant votre préparation soit d’un dictionnaire bilingue (pour le latin et pour le grec), soit d’un dictionnaire unilingue (pour les autres langues).
Le coefficient de l’épreuve est de 1,5 (le même que pour les autres épreuves orales).

2) Consignes à respecter

Vous devez commencer par la traduction du texte, puis procéder à son explication.
Remarque : le candidat à la liberté de commencer par une introduction sur le texte, puis de procéder à la traduction et à l’explication. Cependant, le jury conseille plutôt de ne pas séparer l’introduction de l’explication, puisque l’introduction fait partie intégrante de cette dernière.

a) La traduction
La traduction se fait par groupes logiques de mots : vous lisez un groupe de mots, dans la langue du texte, et vous traduisez. Vous devez vous en tenir à une seule traduction, autrement dit, vous ne pouvez pas proposer plusieurs traductions possibles d’un même mot ou d’un même syntagme, à la suite.

Une fois la traduction par groupes de mots terminée pour une phrase, vous pouvez relire la traduction de la phrase entière (à condition qu’elle soit exactement la même que la première). Cette méthode – qui est suivie par certains candidats – est appréciée par le jury (voir, à ce sujet, le Rapport du jury de la session 2015, p. 84), quand l’ordre de la phrase, dans la langue étrangère, ne suit pas l’ordre de la phrase française (comme, par exemple, en allemand).

La note globale tient compte à la fois de la qualité de votre traduction et de la qualité de votre explication.
Votre traduction doit par conséquent :
– respecter le sens du texte (évitez de faire des faux-sens, des contre-sens ou d’oublier de traduire certains mots) ;
– mais aussi proposer une traduction, dans un français correct.

b) L’explication de texte

La qualité de votre explication va tout d’abord dépendre de la qualité de votre traduction : si celle-ci est défectueuse, vous ne pourrez pas comprendre le sens du texte.

L’explication en elle-même ne diffère pas de l’exercice habituel :

L’introduction doit situer l’extrait dans l’oeuvre (mais en évitant de résumer tout ce qui précède), dégager sa problématique et la thèse de l’auteur, ainsi que ses enjeux. Il faut également établir un plan articulé du passage.

Le développement doit analyser les notions clefs, montrer comment la réflexion de l’auteur progresse. Il est tout à fait indiqué de se servir d’autres passages de l’oeuvre (que ce passage soit compris dans la partie au programme ou non) et même d’autres oeuvres de l’auteur. Dans ce dernier cas, il faudra bien tenir compte de la spécificité de chacune. Il est aussi nécessaire de bien connaître l’héritage philosophique, sur lequel le texte s’appuie. De même, il peut s’avérer utile de connaître le contexte culturel, dans lequel l’oeuvre a été écrite.

Vous pouvez, au cours de votre explication, justifier le choix de la traduction de certains termes du texte, par tels termes français et non par d’autres, à condition que votre justification éclaire le sens du passage que vous êtes en train d’expliquer.

2. Comment préparer l’épreuve pendant l’année ?

1) Le choix de la langue

Le choix de la langue se fait en fonction de votre maîtrise de la langue et non de l’auteur au programme de l’année. Si vous avez fait les Classes Préparatoires Littéraires, alors vous serez largement au niveau, pour la traduction ; sinon, l’exercice demandera un peu plus d’entraînement de votre part.

2) L’organisation du travail

Vous devez traduire tout le texte qui est au programme, puisque vous pouvez tomber, le jour de l’oral, sur n’importe quel passage. (Il serait risqué de faire des pronostics sur les passages, qui ne peuvent pas tomber !)

Vu l’ampleur du travail, je vous conseille de commencer le travail sur l’oeuvre en langue étrangère, dès le début de votre préparation du concours, en parallèle avec l’écrit. Dans mon article Comment répartir votre temps de préparation pour l’agrégation externe de philosophie, je vous donne des exemples de répartition de votre temps de travail, en fonction des différentes épreuves (aussi bien écrites qu’orales).

De même, je vous conseille de travailler en parallèle la traduction du texte et son explication, sur la base d’une bonne traduction française. Ce n’est qu’après une première approche globale du texte que vous pourrez affiner votre explication, sur la base de votre traduction (et vice-versa).

a) L’entraînement spécifique à la traduction

– Pour être à l’aise dans la prononciation, le jour de l’oral, entraînez-vous à lire le texte à haute voix.
– Il est bien sûr hors de question d’apprendre la traduction par coeur. Il faut donc arriver à maîtriser le vocabulaire du texte. Une méthode efficace consiste à faire des listes. Vous constaterez rapidement que des mêmes mots de vocabulaire finissent par revenir. Séparez bien les mots dans des colonnes différentes, afin de pouvoir vous interroger, en cachant la traduction des termes, situés dans l’autre colonne. Interrogez-vous régulièrement, afin que la traduction des mots devienne automatique.
– Constituez-vous également une liste de vocabulaire des termes techniques qui reviennent souvent ou qui sont propres à l’auteur.
– Constituez-vous une liste à part d’adverbes, de « petits mots », pas toujours faciles à traduire;
– Constituez-vous une liste de « faux-amis », pour ne pas tomber dans le piège, le jour du concours.
– Entraînez-vous aussi à faire usage du dictionnaire, pour avoir de l’aisance le jour du concours, si vous avez besoin de le consulter.
N’oubliez pas non plus de travailler la grammaire. Avec l’émotion, une faute de lecture sur le temps d’un verbe ou sur la structure d’une phrase est vite arrivée.

Il est certain qu’au cours de votre préparation, les traductions existantes vous apporteront de l’aide. Cependant, le but sera, le jour du concours, d’arriver à faire une traduction personnelle, qui soit à la fois exacte et élégante.

b) L’entraînement à l’explication du texte
Il faut que vous ayez une bonne connaissance de la structure de l’oeuvre au programme, puisque vous devrez, le jours du concours, situer le texte, dans l’oeuvre. Faites un plan très détaillé du texte au programme et apprenez-le.

L’explication du passage demande aussi la connaissance du reste de la partie de l’oeuvre au programme, de l’oeuvre toute entière et même d’autres oeuvres de l’auteur. De même, il faudra pouvoir mettre en lumière l’héritage philosophique, sur lequel repose sa réflexion.

Vous constatez donc que la préparation de cette épreuve est loin d’être « anecdotique » et qu’elle est même complémentaire aux autres.

La difficulté de la préparation réside peut être dans le fait que les auteurs choisis ne sont pas, en général, des auteurs « canoniques », que l’on peut trouver au programme de l’écrit. Cette particularité peut rendre difficile l’accès à des commentaires, si vous ne suivez pas de cours à l’Université, dans le cadre d’une préparation à l’Agrégation.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, l’épreuve de langue étrangère à l’oral de l’Agrégation externe ne peut pas s’improviser le jour J. Il faut que vous la travailliez, dès le début de votre préparation, de manière régulière, afin de bien vous imprégner de la traduction et des idées du texte. Si cette préparation peut s’avérer parfois aride et laborieuse, il n’en reste pas moins qu’elle vous donne la possibilité et le plaisir de lire une oeuvre philosophique « dans le texte ».

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